EDIT : j'ai refondu mon article, qui me semblait brouillon et maladroit, et me suis limitée aux deux points qui m'ont le plus interpellée dans l'article de Marianne2.
L'auteur de la Fabrique du crétin vient de publier un article qui prétend synthétiser en
dix propositions les souhaits des enseignants. Pour cela, il a sondé des internautes qui fréquentent un forum que je ne citerais pas, mais dont la typo comic sans ms et les couleurs criardes
contribuent assurément à refléter la modernité des idées qui le traversent.
Comme toujours avec Brighelli, la rhétorique se veut efficace et cinglante, mais verse, comme souvent, dans le syllogisme facile.
Ainsi, dès le commencement, après avoir souhaité le retour aux bonnes vieilles notes, il se décrédibilise immédiatement en voulant faire un bon mot...
" On s’étonne que dans la même logique la rue de Grenelle n’ait pas songé à faire interdire les thermomètres dans les hôpitaux."
On a au moins la preuve que M. Brighelli, et les enseignants dont il se fait le porte-parole, n'a pas cherché à approfondir la question. Comment évaluer sans donner l'impression de poser un verdict, une sentence qui prendra toute l'importance au détriment de ce qui est déjà maîtrisé, accompli par l'élève ? En modifiant le système des notes.
Prenons l'exemple de Kévin, qui a fait un hors-sujet en rédaction, mais extrêmement bien écrit. En découvrant son 3/20, Kévin va-t-il chercher à comprendre ? Sachant qu'il a 14 ans, on peut en douter. La copie sera immédiatement archivée/déchirée en attendant de passer à autre chose. Dehors, note honteuse qu'il va en plus falloir faire signer aux parents, qui, obsédés par l'échéance du passage en seconde générale, vont copieusement lui faire la morale.
Et si Kévin n'avait eu qu'un barème avec des items commentés ( expression : très bien / orthographe : très bien /respect du sujet : vous n'avez pas respecté les consignes n°3, 4 et 5 )? Non seulement il aurait pris conscience de ses atouts; mais encore, il aurait prêté attention à ce qui "n'a pas été" dans son travail.
Peut-on pour autant remplacer les notes par rien du tout ? certainement pas. Mais ce système, s'il reste adapté à Henri IV, ne l'est plus pour la plupart des établissements secondaires aujourd'hui.
Autre idée évoquée : "Supprimer au collège toutes les activités périphériques".
Sur ce point, je pourrais être d'accord : les emplois du temps des collégiens sont surchargés. Je ne parle même pas du lycée. J'entends souvent des collègues dire "Nous avions le même volume horaire du temps où nous étions élèves, et nous avons survécu." Bien. Je me retiens ici de faire une comparaison simpliste, mais est-ce parce que "tout le monde est passé par là " que cet état de fait doit être maintenu ? Dans ce cas, ne changeons rien du tout !
J'étais donc à peu près d'accord, tout en attendant de voir ce qu'on entendait par "activités périphériques"...
" — ont-ils vraiment besoin d’apprendre à l’école à surfer sur Internet ou à manier le joystick ? "
Grandiose.
On retrouve la vieille aversion, fondée sur l'ignorance, de M. Brighelli pour tout ce qui touche au net. On notera d'ailleurs la métaphore du Joystick, particulièrement savoureuse quand on a lu
cette interview.
Sur ce, je retourne jouer à WOW avec mes 6ème.
